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CHUTE(S)

Chute(s) de Michaël JARRELL

Année de composition : 2009
Durée : 60.00 minutes

Formation :

Spectacle musical multimédia - Triptique de 3 pièces - 7 musiciens et 2 écrans / Conception et vidéo : Paolo Pachini - Créations musicales : Michaël Jarrel, Martin Matalon, Raphaël Cendo

Contexte CIRM

  • Production du 29 janvier au 7 février 2009, dans les studios du CIRM : Michaël Jarrell et Christophe Lebreton (réal. informatique musicale).
  • Création le 29 août 2009 au réfectoire des moines de la Fondation Royaumont dans le cadre du festival "Voix Nouvelles".
  • Reprise de la production
    • 16 décembre 2009 au Manège de Reims, 14<20€
      Présenté par Césaré, Centre national de création musicale
    • 19 mars 2010 à Décines (69), Le Toboggan,
      Festival Biennale Musiques en Scène
    • 22 mars 2010 à Bonlieu Scène nationale Annecy
      Dans le cadre du Festival Archipel de Genève.
       
    • 5 juin 2010 dans le cadre du 10e Festival Extension de la muse en circuit - Maison des Arts de Créteil, Scène nationale
       
    • 3 juin 2010 à Metz, Arsenal
    • 28 novembre 2013, Centre Meyerhold - Russian contemporary theatre festival NET, Moscou. Avec Christophe Lebreton/ GRAME et l'Ensemble de solistes « Studio de musique nouvelle » .



Notice :


Coproduction :
Production : Grame, centre national de création musicale à Lyon et Fondation Royaumont

En coproduction avec : les Centres nationaux de création musicale : le Cirm à Nice, la Muse en Circuit à Alfortville, Césaré à Reims, le Gmea à Albi ;  « Why Note » à Dijon ; L'Arsenal - Metz en scènes ;  l'ensemble musikFabrik à Cologne ; le Manège/CECN et Musiques Nouvelles à Mons en Belgique.
Avec le soutien de la Fondation Pro Helvetia et du Ministère de la Culture et de la Communication - Délégation au développement et aux affaires internationales.


MICHAËL JARRELL, MARTIN MATALON, RAPHAËL CENDO, ENSEMBLE MUSIKFABRIK, PAOLO PACHINI

CHUTE(S)
"Dernier volet d’une trilogie de vidéo-opéras, après An Index of Metals et Il Diluvio, Chute(s) réunit autour du vidéaste Paolo Pachini trois fortes personnalités et autant de mondes musicaux : la beauté idéale de Michael Jarrell, la luxuriance sonore de Martin Matalon, les saturations furieuses de Raphaël Cendo. Ce spectacle, conçu pour l’ancien réfectoire de l’abbaye de Royaumont, illustre trois visions d’un archétype universel : l’idée de chute. Comme trois couleurs sonores complémentaires dont la superposition recrée la lumière."
Marc Texier


MICHAEL JARRELL – A PROPOS DE « CHUTE(S) »
Extraits de l'interview Bulletin de la Mapra – octobre 2008
« Il y a eu des rencontres et discussions, d'où est ressortie la volonté de considérer la chute autrement que comme la pierre qui tombe. Le point de départ, c'est l'idée de la chute dans le sens de la déchéance, quelque chose qui tend vers une fin, qui se désagrège, qui devient poussière, comme l'image d'un corps qui vieillit, puis meurt. Une musique dont on ôterait, peu à peu, la chair, dont il ne resterait que des substrats, des traînées, quelques traces... Néanmoins, j'ai quand même retenu l'idée de gouttes, avec par exemple de petites chutes dans le début de la pièce, produisant de faibles vibrations sur une surface aquatique, acoustique ; puis, des chutes plus longues avec davantage de rayonnement. Demeure aussi l'interrogation de parvenir à obtenir des sons qui « chutent » sans cesse, lentement, avec un matériau sonore d'une certaine complexité. Tout cela est encore au niveau du concept... Paolo est très attaché au travail sur le corps. Il a tout de suite pensé à des corps vieillissants. Mais en finalité, ce seront probablement des représentations plus abstraites, ce que je souhaiterais personnellement. Je préfère que les choses ne soient pas trop évidentes, parce que cela tend à briser l'imaginaire et à couper tout dialogue... Je n'ai jamais essayé d'entreprendre une réalisation musicale autour de cette idée de dessèchement, de raréfaction. Cette idée de la décomposition est venue de la discussion avec Paolo. Sans le savoir on propose quelque chose à l'autre. Je ne saurai pas dire de qui est venue l'idée. C'est le propre de ce genre de brainstorming
 




Le projet
Note d’intention - Par Paolo Pachini
L’idée de chute est depuis toujours un archétype important qui a inspiré la créativité, aussi bien en relation avec les manifestations du phénomène physique, qu’à son utilisation comme une métaphore des parcours liés à la religion, à la sociologie et à la psychologie. Nous pouvons aussi aisément observer que les gestes nécessaires aux différents arts exploitent la pesanteur qui domine notre monde, ou s’y oppose consciemment afin de mettre en évidence la force expressive qui les guide. Nous pourrions affirmer que la possibilité ou l’acte de la chute des objets qui nous entourent, et, en amont, du corps et de ses parties, modèlent notre comportement, notre auto-perception et notre interaction avec l’extérieur. Chaque forme de stabilité et de contrôle se mesure en fonction de l’équilibre précaire entre la pesanteur et les forces qui tentent de s’y opposer. Les idées mêmes de mouvement, de trajectoire, de sens, naissent de la chute latente, ainsi que la nécessité d’une mémoire et d’une pensée, détectant les points névralgiques du monde pour construire des processus vitaux, des « suspensions », des ruptures dynamiques des organismes par rapport à la fixité de leur destination gravitationnelle. Le mouvement horizontal et la notion
d’extension qui en découle sont déjà des conquêtes énormes, sans parler d’un haut et d’un bas praticables, pouvant être indéfiniment parcourus.
Tout ce qui tente de se soustraire à la gravitation tend à se développer verticalement, à restreindre son barycentre, ce qui vaut également pour tout ce qu’y cède catastrophiquement. Dans les deux cas, une concentration critique d’énergie se crée, un dynamisme difficile à contrôler et à appréhender. Même en excluant les conditions extrêmes, nous découvrons que derrière le moindre geste, la moindre action, un drame cognitif lié à la chute se cache.
Le sens de la vue s’est développé en privilégiant l’extension horizontale par rapport à cette verticale. C’est un outil lié à la stabilité et au contrôle, un outil essentiellement synthétique tendant à l’impression statique.

La vision de mouvements très rapides, surtout quand ils se produisent suivant l’axe vertical, est donc extrêmement destabilisante : elle remet en cause les « certitudes » cognitives que nous avons construit sur l’ensemble limité de gestes soustraits au champ gravitationnel grâce à la mémoire des processus et des trajets. Nous sommes capturés par ce qui passe, tombant, et nous perdons l’équilibre. Or, c’est justement cette secousse qui engendre un trauma actif dans la pensée, l’ouverture d’un chemin permettant de communiquer des « vibrations » qui touchent directement notre système nerveux et cérébral.
Chute(s) est le fruit de l’invention d’un espace critique contredisant les exigences rassurantes des topologies visuelles habituelles: deux grands écrans au développement vertical, ayant une hauteur d’environ 7 mètres sur une largeur de 3 mètres, seront placés l’un à côté de l’autre face au public et desservis par deux projecteurs haute définition indépendants et synchronisés.
L’augmentation forcée de l’extension verticale du champ visuel qui en découle en combinaison avec la confrontation serrée des contenus des écrans jumeaux, amplifie les effets de déstabilisation et de plongement de la vision des mouvements longitudinaux, tout en allongeant les délais d’exposition. L’on offre, pour ainsi dire, la possibilité d’ « explorer » l’abîme, de poursuivre ce qu’y échappe.
Toutefois, dans un contexte dialectique, un signe scénique si fort exige un rapport tout aussi puissant avec le reste de l’espace de représentation. Il devient un secteur de passage visible de quelque chose, qui, suivant notre imagination, se produit aussi à l’extérieur. Si les écrans sont le lieu stimulant et représentatif de notre pensée, la source obscure environnante est, à son tour, la cause qui les a engendrés, une raison qui suscite l’alerte et l’attention. De plus, la reproduction cyclique et librement contrôlable du passage qui, par définition, n’est jamais égal, permet d’avoir un accès analogique à la constitution même de la mémoire, d’activer spasmodiquement les processus cognitifs de scansion et de superposition, de les violer afin de construire une histoire de différences métamorphiques à haute densité, ou bien d’effacer progressivement cette histoire, de « nettoyer » la mémoire, bref d’explorer l’intervalle entre une image parfaite et idéale, étant un objectif illusoire, et une déviation constante nécessaire et vitale qui amène inévitablement à la « vérité ». Ce sont les enchaînements invisibles entre une « scansion » et l’autre qui forment l’identité véritable de ce qu’on voit, une identité qui est toujours relative, qui est toujours à défaire en vue de suivre, plus loin, une ligne inquiète. Il ne s’agit pas de créer l’éternel ; il s’agit de trébucher sur la formation du nouveau.

Ainsi, à côté des phénoménologies catastrophiques de chute observées de manière objective ou subjective suivant des angles inusuels, des variations cycliques du mouvement vertical étant des stratifications et des hyper activations dramatiques des processus cognitifs, nous contemplerons les résultats désormais immobiles des impacts tels géographies condensées et chaotiques directement proportionnelles à l’étendue des catastrophes qui les ont engendrés, des suspensions impossibles, des défis oniriques sans ailes posés aux lois physiques, des extases verticales, des vols sans dimensions remettant en cause toute certitude spatiale.
Et la musique ? La musique soustrait le sens dans l’acte de sa révélation et, ce faisant, le rend fugace, volatile, en le repoussant loin par son souffle, par son insufflation… ineffable, inexprimable, presque annulé. Le pouvoir scabreux de la musique réside dans sa capacité de faire percevoir la chute, le trébuchement, l’impact de la contradiction inhérente à la réalité, à la vie, à l’être. Elle provoque l’irruption de l’irrationalité, du « corps » ; elle va au-delà de la raison, du sens, du logos ; elle multiplie la simultanéité des points de vue et leur clarté. Elle nous dit que l’essence de toutes les choses est un quid insaisissable, ineffable et que la chose la plus importante du monde est celle que nous ne sommes pas en mesure d’exprimer, ce que nous ne sommes pas, ce qui nous échappe. Chute constante sans perte d’équilibre, broderie divine sur le tissu du poids, circulation de grâce.
Paolo Pachini


photo : Chiara-Gelmini---Chute(s)-©-Paolo-Pachini.






Extranet artiste Dernière mise à jour le 16/01/2014
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